Ecriture

Défi – Descriptions de paysages

Bonjour à tous ! Les temps sont durs en ce moment, avec le confinement, mais il ne faut pas se laisser abattre. Cette situation ne va durer qu’un temps et beaucoup de gens se mobilisent pour fournir à tous des distractions qui ne nécessitent pas de sortir. J’ai décidé d’apporter ma petite pierre à l’édifice. Si vous souhaitez participer à mon défi, n’hésitez pas, et surtout n’oubliez pas : restez chez vous !

Il faut commencer par un point important : je suis une grande fan de Pokémon, qu’il s’agisse de la série des jeux ou du dessin animé. C’est important pour la suite du défi, fuyez pas tout de suite !

Le dernier jeu sorti à ce jour s’appelle « Donjon Mystère GX » et il offre une palette de paysages tous plus magnifiques et variés les uns que les autres que vous pouvez retrouver sur le lien de Pokébip.

Ces images sont particulièrement inspirations (à mon avis) et avec une amie, nous avons décidé de nous lancer un petit défi :

  • Chaque jour, prendre une image dans la liste et la décrire le plus précisément possible sans citer son nom, pour ensuite soumettre le texte à l’autre qui devra deviner le lieu choisi.

Il n’y a aucune contrainte de nombre de mots, de termes, de styles, de personnages pour ce défi. Le but est juste de s’exercer à décrire des paysages, travailler son style et s’amuser.

Nous avons lancé ce défi il y a deux jours et voilà déjà mes premiers textes. Je suis très fière de dire que mon amie a tout de suite deviné chacun des paysages que j’ai décrit.

Sur ce, j’arrête cet article. Occupez-vous, lisez, écrivez, jouez, regardez des films, des séries, internet est aussi là pour vous distraire, et j’en oublie… Il y a des montagnes de choses à faire même quand on est enfermés chez soi, alors encore une fois, s’il vous plaît, restez chez vous. C’est vraiment très important. Merci !

Banquise (23 Mars 2020)

La mer s’étend à perte de vue, calme et immobile, d’un bleu insondable mais toutefois parcouru des mêmes volutes multicolores qui parcourent le ciel.

Les blocs de glace, rassemblant toutes les nuances de bleu froid qui puissent exister, flottent paresseusement sur cette étendue, parfois plats, parfois agressivement pointus, leurs tailles et leurs formes variées leur donnant l’allure de fleurs de glace un peu étranges. Ils bougent, elle le sait, mais leur mouvement est si long que son œil ne peut le percevoir.

L’île glacée, sa destination, se déploie sous ses yeux dans sa radieuse majesté. C’est une île, elle-aussi grossièrement taillée dans la glace, bien qu’un sentier blanc taillé par un caprice divin mène jusqu’à la stèle de neige qu’elle est venue observer. Une étrange lumière émane de l’île, un peu voilée, comme si quelque chose d’incroyablement lumineux se dissimulait dans ses entrailles et que sa lueur parvenait quand même à s’épanouir à l’extérieur. Cette lumière intérieure donne un côté féerique à l’îlot glacé et lui ôte toute peur de s’approcher.

Elle prend une grande inspiration et jette un dernier coup d’œil sur le ciel pour vérifier la position des étoiles. La voûte céleste est aussi bleue que la mer à ses pieds, piquetée d’étoiles mais le spectacle qu’il offre n’a rien d’immobile : des rubans de couleurs pastels s’y promènent lascivement dans une danse lente et éternelle, s’enroulent les uns dans les autres, se fuient, se cherchent, éternels amants qui ne pourront jamais vivre leur idylle et s’évaporeront comme s’ils n’avaient jamais existé.

Eux non plus, ne font pas de bruit, ni la mer gelée, ni les blocs de glace qui la parcourent. Le vent est absent, aucune vie n’a tenté de s’établir jusque là. C’est comme s’il n’y avait rien eu de vivant ici avant elle.

Désert Fournaise (24 Mars 2020)

La chaleur est accablante. Malgré ses couches de vêtements sombres, les grandes lunettes de soleil et la visière qui lui protège le visage, elle sent le soleil cuire la moindre parcelle de sa peau. Ses rayons sont aveuglants et ressemblent parfois à des faisceaux de lampe de poche quand elle plisse les yeux de fatigue. Les illusions ne lui laissent aucun répit. Elle transpire tellement qu’elle se demande déjà comment elle va pouvoir décoller ses vêtements de son corps quand le soir – et ses températures glaciales, quel pays franchement ! – viendra.

Autour d’elle, il n’y a que du sable, qui s’engouffre dans le moindre repli de son habit au gré des bourrasques qui balayent l’étendue désertique. Du sable, immensité dorée à perte de vue, et les falaise ocre aux formes étranges, lissées par l’action conjuguées du sable et du vent – toujours eux. Ce fichu sable est partout, sous ses pieds, dans l’air, dans ses vêtements, il coule même des falaises en cascade poussiéreuse, par un miracle que seule la nature est capable d’inventer.

Elle comprend qu’elle arrive au but de son voyage quand les ondulations du sol devant elle se font plus nombreuses et adoptent une forme concentrique bien trop parfaite pour être naturelle.

À quelques pas d’elle, au fond d’une vallée, un profond cratère laisse admirer sa bouche béante et obscure, perpétuellement affamée, qui avale tout sur son passage. Elle, bientôt.

Prenant son courage à deux mains, elle ajuste son sac sur ses épaules et avance droit vers son destin.

Lac Mystique (25 Mars 2020)

Les rayons du soleil parviennent jusqu’au fond les lieux, permettant d’y voir comme en plein jour, l’éblouissant spectacle de lumière, de formes et de danse qu’il offre.

Ici, seul le bleu a le droit d’exister, avec toutefois une petite place pour le brun et le vert, car sans ses fines lianes ondulantes et recourbées telles des arabesques, le spectacle serait moins enchanteur.

Elle se laisse porter à travers l’étendue céruléenne, mêlée de turquoise aux endroits où le soleil se fraie un chemin, sans se soucier de sa destination. Tout au fond, le sol est un tapis d’un bleu céleste, illuminé par les lueurs turquoises qui tournoient autour des lianes ondoyantes.

Ci-et-là, des touffes de plantes marines indigo se dissimulent au creux de falaises de cobalt, seuls îlots opaques dans cet océan de lumière froide et douce à la fois.

Plateau Azur (26 Mars)

L’herbe est si moelleuse et fraîche que c’est un plaisir de s’y étendre en vue d’une sieste. L’air est frais, le soleil réchauffe agréablement et seul le bruissement du vent et le chant des oiseau rompt le silence de ce lieu perché au sommet des montagnes, loin de tout.

Elle se retourne sur le ventre et pose le menton sur ses bras repliés pour se repaître de la vue fantastique qui s’offre à elle. Sous ses yeux se déploie le ciel le plus pur que peut offrir le plein été, avec quelques nuages cotonneux qui s’y baladent paresseusement.

La chaîne des montagnes traverse l’horizon d’est en ouest, hauts pics pointus bleutés aux reflets blancs de neige éternelle. Leurs bases, et le fond de la vallée, est plongée dans une brume argentée et vaporeuse qui lui donne l’impression d’être seule au sommet du monde, au milieu d’un écrin de verdure.

Grotte Dragon (27 Mars)

L’entrée du repaire est une formation rocheuse que la nature malicieuse a minutieusement sculptée afin de la faire ressembler aux mâchoires de ses redoutables propriétaires. Les parois sont formées de blocs de roches grises et dures, de tailles variées, disposées comme si une main consciente et intelligente avait souhaité en faire une barrière infranchissable. Ce n’est pas comme si l’endroit, perché à flanc d’une montagne escarpé, était facile d’accès. Seuls les oiseaux peuvent parvenir en ces lieux sans crainte et ils ne s’y risqueraient pas de toute façon, effrayés par les propriétaires dont l’appétit ne rechigne pas face à un volatile dodu.

L’espace libre des lieux est formé d’un dôme de roche recouvert d’une mousse douce de toutes les nuances de vert qui se dispute la place avec quelques plaques de granit à la symétrie confondante, comme si la magie des propriétaires des lieux et son ordre strict avaient déteint sur la nature.

Les lieux sont déserts mais l’atmosphère est encore imprégnée de la mentalité sauvage et féroce de ces créatures antédiluviennes qui ont disparu il y a pourtant des milliards d’années…

Centrale (28 Mars)

Le sol dallé de lino dur claque fortement sous les talons de ses bottes. Le moindre son, dans cet endroit perdu, résonne de manière lugubre. Elle rase les murs gris pâle striés de câbles multicolores comme un ombre, comme si elle craignait s’attirer les foudres de quelqu’un en se montrant trop bruyante. Mais il n’y a personne ici.

Il est loin le temps où tout était fourmillant d’activité, avec des employés allant et venant sans cesse et le bourdonnement ininterrompu des turbines, des ordinateurs ou des compteurs électromagiques… À présent, tout est à l’abandon, recouvert d’une couche épaisse de poussière, silencieux et immobile. On pourrait presque croire qu’un cataclysme soudain a frappé sans crier gare tant les lieux sont ordonnés, en place, comme prêts à servir. Il y a même encore ces caissons jaunes, ceux qui servaient à transporter les cristaux d’énergie qui faisaient fonctionner la colossale turbine en forme de dôme qui occupe à elle-seule une pièce entière, le centre névralgique des lieux. Un câble épais sort de ses entrailles, sa prise gisant sur le sol, dans l’attente vaine d’un endroit où se brancher. Plus personne n’y touchera désormais.

Ses doigts passent lentement sur le métal froid, laissant leur trace sur la saleté, ses yeux s’arrêtent un instant sur un cadran immobile, sur un volant de pressurisation… Quand elle voit les lieux ainsi, elle éprouve presque l’envie de relever la manette d’alimentation, juste pour voir si toutes les machines redémarreraient comme s’il ne s’était rien passé. Comme si des siècles et des siècles ne s’étaient pas écoulés, là, dehors…

Terres sacrées (29 Mars)

C’était une colline unique, sertie dans le fond d’une vallée, entourée de pics bleutés aux courbes arrondies et avec pour seul toit la voûte infinie du ciel. Haute, bombée au sommet légèrement aplatie, elle était couverte en toute saison d’une herbe épaisse couleur émeraude comme si le temps n’avait pas d’emprise sur elle. Celle-ci affichait une couleur un peu plus foncée à certains endroits qui, quand on y regardait de loin, formait de larges cercles qui se rétrécissaient à mesure qu’on se rapprochait du sommet.

Des autels de pierres grises disposées savamment s’articulaient entre chacun de ces cercles, eux-aussi placés concentriquement. Très grands dans les cercles éloignés, ils perdaient un étage de pierre à chaque cercle jusqu’à terminer par six simples petit tas de cailloux qui ressemblaient un peu à des sculptures. Le clou du spectacle était le bloc de pierre central, haut et large de plusieurs mètres formés des plus gros rochers. De loin, il ressemblait presque à un golem prêt à se mettre debout et avancer de son pas lourd et traînant pour tout détruire sur son passage, comme le narrent certaines légendes.

Pourtant, il restait immobile, comme il l’avait toujours été et le sera toujours. À ses pieds, quelques fleurs se balançaient doucement sous le vent, blanches, pour ne pas casser l’harmonie aux couleurs froides des lieux avec des teintes trop éclatantes.

Plaine de beauté (30 Mars)

L’arc-en-ciel jaillit de la chaîne de montagne à l’horizon, immense et majestueux au milieu de l’azur du ciel et de la blancheur des nuages. Sa courbe, de l’orange au mauve en passant par le jaune d’or se déploie avec une symétrie inégalée comme si la nature elle-même souhaitait célébrer ce premier jour du printemps à sa manière.

Quand on descend vers le sud en partant des montagnes, on traverse tout d’abord une forêt de feuillus à la robe d’émeraude qui dispense une ombre et une fraîcheur bienfaisante. Et en poussant encore un peu plus loin, on découvre alors l’un de plus beaux endroits sur lequel l’œil d’un peintre pourrait se poser. Véritable aquarelle mêlant vert tendre, rouge vigoureux, rose éclatant et turquoise apaisant incarnée par ces petits fleurs des champs dissimulés sans ordre apparent mais avec un goût exquis au milieu des petits plateaux qui forment cet immense espace qui ne s’offre pas à n’importe qui.

Les lucioles ne s’y trompent pas, voletant de pistil en bourgeon en scintillant délicatement, ajoutant au charme de l’ensemble. Leur lueur se reflète également à la surface du lac impossiblement rond qui trône tel un roi au milieu de cette nature éclatante et vibrante de vie. Les rayons tendres du soleil viennent compléter de la plus belle façon ce merveilleux tableau.

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