Lectures

Lectures de mai

Et c’est parti pour cet article à propos des lectures de mai ! Le Printemps de l’Imaginaire Francophone est terminé à présent et vous pourrez retrouver un petit bilan à la fin de cet article. Ce mois-ci, de chouettes lectures basées sur une ambiance mystique et aventureuse que je vous laisse découvrir…

  • Astar Mara : les chemins d’eaux de Brice Tarvel

Genre : Fantasy — Paru en : août 2019 — Éditeur : Les moutons électriques

« Magies et ténèbres des océans. S’étant enfuie de chez le comte de Kydd avec un mystérieux bijou, trois écailles qui s’avèrent être celles d’une antique sirène, la jeune Nalou embarquée à bord d’un navire de pirates se découvre le pouvoir de discerner, grâce aux écailles, les “chemins d’eau”, la manière de naviguer sans danger et d’éviter à l’avance écueils et autres pièges de ce monde maritime. Nalou va donc devoir promettre à Robuck, le capitaine albinos, de les guider vers les trésors cachés au bord du pôle depuis l’effondrement de la lune… Mais une course-poursuite s’engage, car la comtesse de Kydd, sirène elle aussi, entend bien récupérer sa puissante relique. » (@Babelio)

Astar Mara est un roman avec une jolie couverture et un thème axé sur une aventure et des légendes maritimes. C’est un thème que j’apprécie tout particulièrement, j’en espérais donc beaucoup… ah là, là, sûrement un peu trop. J’ai été un poil déçue. Tout y était pour que j’adore ce roman, mais au final, tout ce que j’espérais n’a été qu’à peine effleuré. Je m’attendais vraiment à une aventure épique, un voyage en mer à couper le souffle, des affrontements contre des monstres, des tempêtes, des attaques de pirates, beaucoup, beaucoup de magie et euh… bah en fait, j’ai surtout vu la vie à bord d’une jeune fille sur un bateau de chasseurs de trésors. Les péripéties qu’elle vit, dont certaines auraient pu être vraiment intéressantes, n’ont pas été aussi palpitantes que ça. Le style de l’auteur est pompeux, un peu trop recherché parfois et pas vraiment visuel, j’ai eu du mal à me plonger dans les paysages qu’il décrivait. La magie est quasiment absente : le médaillon de Nalou avait un potentiel de fou, je m’imaginais déjà la voir littéralement « voir » des chemins d’eau sur la mer, invisibles pour les gens ordinaires, mais même pas. Son médaillon est juste une longue-vue magique qui la sonne quand il y a un danger et lui permet de le voir avant tout le monde. Un peu décevant, je dois bien l’avouer.

Tous les événements qui peuvent bien arriver au bateau sont rapidement survolés, quasiment bâclés, comme si ça n’intéressait même pas l’auteur (je spécule, hein). Il n’y a finalement pas d’enjeux, car tout est résolu trop facilement et on passe des pages et des pages à décrire l’avancée laborieuse et morne du bateau. Nalou finit par tomber amoureuse, en un baiser je ne plaisante pas, du plus beau garçon du navire, comme par hasard, pif pouf, voilà, c’est plié, il fallait caser une romance, c’est fait, vous n’êtes pas contents ? (Spoiler alert : non. Je ne m’intéresse pas à la romance en général, et quand elle est là juste pour mettre de la romance, encore moins. C’est le cas ici. Ça ne sert à rien.).

Le reste des personnages est juste caricatural, à peine esquissé, avec les plus sympathiques à peine présents et un focus sur les plus désagréables, comme les trois vieilles sœurs. Même l’héroïne, au fond, ne s’intéresse pas à ce qui lui arrive, ce qui est peut-être l’explication au désintérêt que j’ai éprouvé en lisant. Elle n’avait pas envie d’être sur ce bateau, n’a pas envie de vivre cette aventure et elle aspire juste à rentrer dans son pays et construire une vie paisible avec son grand amour (kof). De ce fait, comment s’attacher à elle et ses sentiments si superficiels, avec la distance qu’elle met elle-même avec son aventure et de ce fait, avec le lecteur ? Elle ne se soucie même pas de l’insupportable gamine qui s’est accrochée à ses basques et tente en vain de construire avec elle un lien de sororité. Navrant.

Même la grande menace qu’elle redoute tout le long du roman est balayée en l’espace d’un passage de paquebot massif qui écrase tout bonnement le navire qui la poursuivait. Elle est littéralement sauvée par un deus ex machina sous forme de bateau. Et quand son ennemie, qui a survécu, finit par la rattraper, ce n’est pas elle qui la vainc, mais son copain pendant qu’elle, assommée, est emmenée au loin. Elle ignorera tout du dénouement de cette affaire vu qu’elle sera évanouie un long moment le temps que les choses se tassent et recevra une explication succincte à la fin, tout en découvrant qu’elle est désormais la prisonnière des trois vieilles dont j’ai déjà parlé. Ouais, il s’est passé beaucoup de choses pendant qu’elle était évanouie, je regrette un peu de ne pas l’avoie vue lutter un peu, que ce soit pour sa survie, celle de son entourage (si seulement elle s’en était souciée, bien sûr) et qui sait, peut-être un peu de justice pour ses camarades marins ?

Bref, elle est prisonnière des vieilles qui veulent faire d’elle leur esclave, mais son cher fiancé est là aussi et ils vont s’échapper tous les deux… Juste à la fin du bouquin, ils entament en effet leur rébellion, mais ça se termine au moment où ils se mettent à tout casser. Zut ?

N’empêche, la figurine de Chtullu qu’elle récupère, ça m’a fait rire… y aura une suite ? Je me demande si ça jouera un rôle avec l’univers lovecraftien et tout ça, y a du potentiel… Honnêtement, j’aimerais bien. On verra si une suite sort un jour !

  • Ève aux sables dormants de Cécile Ama Courtois

Genre : Romance Fantastique — Paru en : Avril 2015 — Éditeur : L’ivre-book (maison d’édition fermée)

« Étudiant en égyptologie, Guillaume participe à la plus incroyable fouille archéologique jamais réalisée. Un chantier où chaque strate mise au jour dévoile des vestiges toujours plus anciens. Plus vieux que les premiers hommes. Antérieurs aux tout premiers dinosaures. Remontant jusqu’aux origines de la vie connue. Puis plus loin encore… jusqu’à des créatures qui peuplaient la Terre avant cela. Des êtres disparus depuis des millions d’années. Quand Guillaume découvre un squelette incroyable, d’étranges rêves commencent à peupler son sommeil. Ces rêves vont, non seulement bouleverser son cœur et sa vie, mais ils vont aussi changer le cours de l’Histoire. Une histoire d’amour qui n’est pas sans rappeler La nuit des temps de Barjavel. » (@Babelio)

Voilà un roman court, très court, que j’ai lu en une après-midi, et encore j’ai fait des pauses. Court au point de l’être trop. Pourtant, j’ai été emportée par l’histoire, par les événements qui se déroulaient, ce roman aurait pu être un coup de cœur s’il avait continué sur ce qu’il nous offrait au début…

On commence par suivre les aventures de Guillaume, étudiant en archéologie, occupé à faire des fouilles en Égypte dans un endroit proche de la Vallée des Rois. Il découvre, à une profondeur impossible, un os parfait qui appartient à une créature humanoïde, mais qui ne peut décemment pas être humaine. Plus étrange encore, la personne à qui appartient le squelette semble vivante, tout du moins son esprit, et lui demande de l’aider à la ramener… et avec elle, tout son peuple, des Elfes, ceux de Tolkien même, qui ont réellement existé. Je ne savais pas quoi m’attendre en me lançant dans cette lecture et plus j’avançais, plus j’étais fascinée. Mieux, toutes les descriptions des paysages égyptiens, des fouilles, les termes archéologiques, me ravissaient (j’ai fait une année de fac en histoire de l’art et archéologie, j’adore ce domaine). J’attendais avec impatience la renaissance des elfes, que l’humanité l’apprenne, voir comment tout le monde allait réagir, comment les elfes allaient s’intégrer. On avait même été teasé un peu plus tôt dans le livre sur les intentions pas forcément honorables d’un elfe haut gradé qui visiblement avait les dents longues… Tout ça promettait du lourd, pas vrai ? Hé bien, tout ça a été passé sous silence, résumé en quelques lignes et ça m’a complètement laissée sur ma faim.

Bon, après, j’aurais dû m’en douter, le genre du roman, c’est : romance fantastique. Évidemment que la romance allait être au cœur du récit, mais je m’attendais quand même à ce que l’univers tout autour soit plus développé pour donner une véritable consistance aux deux amoureux. Mais bon, j’ai vraiment eu l’impression que tout ce qui tourne autour de son fabuleux peuple elfe si parfait n’intéressait pas beaucoup l’autrice et c’est réellement dommage. J’ai eu l’impression de perdre une grosse partie du roman qui, pourtant, aurait été absolument génial avec tout ça !

Que dire de plus ? Ce qui s’est passé à côté, la romance, ne m’a pas intéressée plus que ça. Les deux héros ne sont pas vraiment tombés amoureux en apprenant à se connaître, comme j’aime, non, c’est deux âmes sœurs, ils sont liés et il n’y a pas besoin de plus. C’est assez décevant, j’avoue ne pas réussir à accrocher avec ce genre d’histoire d’amour. À un moment, Nimraëlle, l’elfe, se sacrifie pour sauver la vie de Guillaume et j’ai trouvé ce rebondissement incroyable et très beau et j’aurais aimé que l’histoire se poursuive comme ça, avec Guillaume qui fait tout pour aider les elfes à s’acclimater à leur nouvel univers en mémoire de sa bien-aimée et qu’ils se reconstruisent tous ensemble… Vraiment, ça aurait été beau, une fin douce-amère, mais tellement pleine d’espoir et d’humanité. Mais la fin est une happy ending digne de ces romances de Noël mielleuses qui passent en décembre à la télé.

En gros, Eve aux sables dormants est une lecture en demi-teinte pour moi. Jusqu’au sacrifice de Nimraëlle, j’étais captivée, j’adorais ce bouquin, puis je suis totalement sortie de l’histoire jusqu’à la fin. Pour la happy end, au pire, ça m’est égal, l’autrice fait bien ce qu’elle veut, mais ça me dérange que l’aspect le plus primordial de l’histoire (l’intégration des elfes, bon sang !) soit balayé comme si ça n’avait pas d’importance. Ce livre est vraiment bien, mais il lui manque un trop gros morceau et ça m’a sortie de la lecture. C’est dommage, mais on ne peut rien y faire !

  • Ronces blanches et roses rouges de Laetitia Arnould

Genre : Fantasy (Réécriture de conte de fées) — Paru en : Février 2017 — Editeur : Magic Mirror Editions

« Orphelines d’un passé dont elles n’ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu’inséparables. Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l’aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l’incertitude… Pour échapper au mariage qui l’effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite. Au cœur d’une forêt obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur.

Quitte à affronter l’ours qui rôde dans son sillage.

Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges.

Quitte à croire en la magie.

Mais c’est sans compter sur l’énigmatique pianiste qui compose une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours… La musique, le désir de vengeance, l’amour véritable comme l’attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu’à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge. » (@Babelio)

Je ne connais que très mal le conte de fées original, Blanche-Neige et Rose-Rouge. J’ai donc été ravie de retrouver, comme dans « Le Musicien » des mêmes éditeurs, ce fameux texte pour m’en imprégner avant de me lancer dans la lecture du roman.

En tout cas, la maison d’édition Magic Mirror est spécialiste en couvertures magnifiques et celle-ci ne fait pas exception. L’effet de lumière, celle de la lune sur le paysage enneigé, le mélange de noir, blanc et rouge donnent quelque chose de poétique et mystique à la fois. J’adore !

Concernant le livre en lui-même, je l’ai bien aimé même si ce n’est pas un coup de cœur. L’histoire est originale, elle reprend celle du conte en y ajoutant beaucoup de contexte autour, en étoffant l’univers généreusement et en ajoutant de lourds enjeux qui ajoutent du suspens et le tout donne un roman vraiment très agréable à lire, dont on ne peut plus arrêter de tourner les pages quand on commence.

J’ai été un peu perturbée par la mention à des éléments modernes comme la télévision ou les voitures, par contre, alors que tout le récit a l’air de se dérouler dans une époque plutôt moyenâgeuse. Je ne dirais pas que c’est extrêmement perturbant, mais savoir à quelle époque se déroulait réellement le récit et l’absence de modernité du reste du livre m’a trotté dans la tête tout le long de ma lecture…

Parmi les personnages, la seule qui se détache vraiment est Sirona. Heureusement, elle est plutôt appréciable, je me suis même limite identifiée à elle, et heureusement, sinon ma lecture serait devenue insupportable. Eloane n’est pas vraiment le genre de personnages que j’apprécie… de toute évidence, elle n’a pas été écrite pour qu’on s’attache à elle, elle est creuse, superficielle, évaporée… D’un autre côté, c’est dommage parce que sa relation avec Sirona était au départ très bien construite puis son fichu caractère a tout dégradé. Je dirais qu’elle a été sous-exploitée, mais le roman était l’histoire de Sirona, il y avait assez peu de place pour d’autres qu’elle.

Le parcours de Sirona est bien construit : on voit d’abord sa vie alors qu’elle n’était encore que Blanche, on assiste au basculement de sa vie et à sa progression au cœur d’un complot qui la concerne directement. On ne soupçonne pas un instant ce qui s’est passé pour qu’il lui arrive tout ça alors que tout a un sens et que les événements s’emboitent les uns après les autres jusqu’à la révélation finale, que je n’avais pas vu venir, pour une fois !

Tout le passage sur le séjour de Sirona au manoir est très bien mené. On ressent bien la malfaisance latente tapie dans les murs, l’étrangeté de son « fiancé », la confusion dans laquelle elle est plongée malgré ses efforts pour se défaire des envoûtements qui agissent sur elle… Je l’ai beaucoup aimé même si j’ai trouvé un petit défaut, c’est que ça traîne parfois en longueur (et pas que ce passage-là).

Tout le long du roman, l’angoisse, l’incompréhension de Sirona, et le fait que toute l’action se déroule plus ou moins à huis clos donne une ambiance oppressante à la lecture, ce qui est très bien ! Ce livre est à lire rien que pour cette ambiance, d’ailleurs, surtout que tout ce que j’ai déjà cité plus haut se mêle à la magie. Le mélange fonctionne à merveille.

La fin m’a juste un peu dépitée. Si le récit a été super bien mené, le dénouement, une fois le combat final terminé, m’a déçue. Le coup de foudre entre Sirona et Artos m’a paru un peu sorti de nulle part, même s’ils s’appréciaient déjà quand il était sous sa forme d’ours… Autant de sa part à lui, je peux comprendre qu’il soit tombé amoureux de Sirona qui s’est bien occupé de lui, mais de sa part à elle, c’est un peu précipité… Et j’ai été surprise que le château s’effondre avec Emmanuel visiblement resté dessous, alors qu’on parle de lui bien vivant dans le prologue. Autant je suis contente qu’il s’en soit sorti et qu’il ait trouvé le bonheur, je l’aimais bien, autant j’ignore comment il a fait pour survivre. Une petite explication sur ce qu’il s’est passé juste après l’effondrement du palais aurait été la bienvenue.

Enfin, malgré les quelques petits défauts du roman, j’ai passé un très bon moment de lecture et je crois que Magic Mirror Editions est en train de devenir ma maison d’édition préférée. J’ai d’autres beaucoup de chez eux dans ma PAL et j’ai hâte de les découvrir !

  • Point sur le Printemps de l’Imaginaire francophone :

Romans 6, 7 & 8 lus et chroniqués ! Je poste cet article pile-poil à la fin du PIF, j’ai un peu flemmardé à écrire ces avis, je l’avoue =D

Avec ces romans, j’atteins et dépasse le palier de « Scientifique Fou » qui nécessitait d’avoir lu et chroniqué 6 livres. Dommage, j’étais à deux doigts d’atteindre le palier d’Alchimiste Méticuleux, mais hé, je suis contente de ce que j’ai fait cette année. J’ai également relevé un dernier défi que voici :

  • Lire un livre d’un auteur ou d’une autrice que vous avez découvert au cours du challenge de cette année ou des années précédentes (Dans les PAL ou les suggestions des autres participants, par exemple) > Eve aux sables dormants, que j’ai vu passer sur la page Facebook du groupe et qui m’avait beaucoup intriguée.

Le Printemps de l’Imaginaire Francocophe est terminé pour cette année. C’était une expérience très sympa et j’ai apprécié la majorité des livres que j’ai lus. Il m’en reste encore plein à lire, ça viendra au fur et à mesure. La masse de romans francophones que j’ai trouvée pour ce challenge est impressionnante, il y en a beaucoup et je n’ai même pas effleuré la surface. Vivement l’année prochaine que le défi revienne ! En attendant, je repars à mes lectures, lisez bien tout le monde =D

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