Lectures

Midnight City – Rozenn Illiano

Le Printemps de l’Imaginaire Francophone a commencé depuis un petit moment déjà ! Et pour cette première lecture, je vous offre un avis sur le merveilleux Midnight City de Rozenn Illiano, une autrice autoéditée que j’apprécie particulièrement. J’avais vraiment hâte de lire ce tome-ci, car elle nous en parlait depuis longtemps. N’attendons pas plus !

Écrivain inconnu, Samuel rencontre le succès par hasard, et sa vie change du jour au lendemain – pas forcément pour le mieux, d’ailleurs. Introverti et grand timide, il se plie à sa nouvelle célébrité sans rechigner, rêvant pourtant de retrouver la quiétude de son anonymat.

Seulement un jour, il ne peut plus écrire : ses mots se sont enfuis, son imagination est à sec. Un peu par désespoir, Samuel accepte la proposition d’un mystérieux mécène qui lui offre tranquillité et ressources afin qu’il puisse retrouver la flamme.

Ce qui, en fin de compte, n’était pas une si bonne idée… (@Onirography)

Autrice : Rozenn Illiano

Genre : Fantastique/Fantasy

Date de publication : Novembre 2019

Autant dire les choses clairement dès le départ : c’est un livre, une histoire, que j’aurais rêvé d’écrire. Oui, je l’ai aimé à ce point.

L’histoire du livre en lui-même est assez incroyable et mérite d’être racontée. Rozenn a eu une super idée pour lui : en faire un livre vagabond (c’est évidemment lié au scénario de l’histoire). Le principe est simple : le livre en format papier est déposé dans un lieu public, accompagné d’un petit mot, une personne le prend, le lit, écrit un avis dessus puis le rend de nouveau à sa liberté dans un lieu public. C’était un système de partage très original qui a fait l’objet de nombreux articles sur le blog de Rozenn.

Le périple de Midnight City a été assez chaotique, malheureusement pour lui, par la faute de quelques lecteurs peu scrupuleux qui n’ont pas joué le jeu. Mais ce livre a tout de même eu sa fin heureuse, car il a gagné une publication, bien qu’en tirage limité, et une édition collector de toute beauté (que j’ai loupée, zut =p).

Mais Midnight City n’est pas juste son parcours atypique. C’est aussi un excellent roman, mené par de personnages touchants, une histoire alternant entre fantasy pure et urban fantasy et beaucoup, beaucoup d’onirisme.

La plume de Rozenn est toujours aussi belle, ça, ça ne change pas, même si j’ai l’impression qu’elle s’est totalement surpassée pour Midnight City.

Il faut quand même que je pose encore une base avant de commencer mon avis : Midnight City, c’est deux histoires en une. D’un côté, on suit Samuel Hugo, un écrivain au succès fulgurant et de son périple pour écrire le roman de sa vie, celui dont il rêve depuis 20 ans. De l’autre, ce sont les aventures de Cyan dans la Cité de Minuit, personnage et ville qui sont précisément ceux du roman de Samuel. On alterne au fil des chapitres entre le point de vue de Samuel et celui de Cyan, ce qui fait une expérience vraiment étonnante et que j’ai trouvé, pour ma part, géniale.

J’ai particulièrement aimé la partie fantasy, qui est vraiment incroyable. Il s’en dégage vraiment quelque chose, je me voyais dans la Cité de Minuit avec son bleu nuit, son gris fumée, la nuit perpétuelle, la lumière blanche de la lune, le silence qui y règne pendant le roman… L’atmosphère y est vraiment particulière, à la fois paisible et remplie d’une angoisse refoulée, tout en était vraiment très poétique. Rozenn qualifie ça « d’onirique » et vraiment, c’est le mot qu’il faut, c’est onirique et féerique. J’aimerais visiter la Cité de Minuit, elle doit être une pure merveille (d’ailleurs, les illustrations que le compagnon de Rozenn a créées pour elles sont aussi sublimes que ce que j’imagine).

En général, quand on me prend par le côté esthétique, ça a tendance à me charmer =D

Niveau personnages, c’est assez facile : il y en a deux, Cyan et Nanshe. Je les aime vraiment, ils sont courageux, tendres, attachants, plein de fêlures et de peur, mais avançant envers et contre tout, ensemble, pour sauver leur Cité. Je n’ai pas réussi à détester la funambule malgré son acte du début, elle est tellement fragile, touchante, sa froideur ne parvient pas à cacher le grand cœur et la générosité qu’elle possède…

Les autres personnages que l’on aperçoit, au cours du périple de Cyan, sont malheureusement « hors service » (je n’en dirais pas plus), mais beaucoup ont un nom, une fonction et un passé détaillé que l’on devine grâce aux quelques mots glanés sur eux comme des petits bijoux secrets. Très franchement, j’aimerais lire le livre de Midnight City en entier et en savoir plus sur la Cité, sur ses habitants, bien que les informations que nous donne Rozenn soient déjà très bien, elle n’est pas du tout avare en détail !

Je ne sais pas si Rozenn lira cet avis un jour, mais si tu veux raconter un jour l’histoire entière de la Cité de Minuit, je dis oui (cent fois !). Clairement, tu as déjà une lectrice pour cette petite merveille =D

Passons à la seconde partie, ancrée dans le réel, où c’est Samuel qu’on suit, l’auteur de Midnight City (à savoir, c’est lui qui écrit la partie fantasy du roman dans le scénario), accompagné de son amie Roya, et tous les deux sont plus ou moins (plutôt plus que moins, d’ailleurs) les alter ego de Cyan et Nanshe dans Midnight City. Au début, j’étais un peu sceptique sur Sam et Roya, ce sont des personnages torturés, avec des émotions furieuses et ils ont une vision de la vie en noir et blanc, très extrême, que je ne partage pas forcément. Mais vous savez quoi ? Je me suis totalement attachée à eux et à la fin, je les adorais. Comme quoi, tout arrive !

Il faut dire qu’ils ont une relation toute mignonne et choupi (à l’image de Cyan et Nanshe, bien qu’elle soit teintée de plus de crainte de l’autre). La façon dont ils s’inquiètent sans arrêt l’un pour l’autre et essaient à tout prix de ne pas se blesser est touchante.

Malgré tout, ils ne sont pas seuls au monde, tout un univers est tissé (tiens donc =D) tout autour d’eux, notamment avec le forum d’écriture où ils sont inscrits tous les deux depuis longtemps : les tisseurs d’encre. Bien qu’il ne s’agisse que de relations à travers un ordinateur, celles-ci sont approfondies, on voit qu’ils se connaissent et sont réellement amis, ils partagent beaucoup de choses et s’inquiètent quand l’un des leurs ne va pas bien. Leurs discussions sont vraiment sympas, limite, ça mériterait presque un livre sur leurs interactions !

Il y a aussi Adam Remington, et son homme de main Xavier, l’antagoniste principal du récit. Difficile de détester ce personnage, qui a un charisme certain et des objectifs qui n’appartiennent qu’à lui, qui vont sûrement au-delà de Midnight City. Ce sont deux personnages très mystérieux et si on comprend très vite qu’Adam n’est pas tout à fait humain, le mystère plane autour de lui et la vérité à son sujet ne sera pas dévoilée !

Il est temps de terminer cet article (je pense que ça se sent que j’ai adoré ce livre). J’ai parlé de beaucoup de choses parce que j’en tout aimé. Rozenn a vraiment fait un travail formidable avec Midnight City, on voit qu’elle y a mis du cœur et je la remercie pour ça.

J’ai d’autres livres qu’elle a écrit sur le feu et j’en ferai la chronique prochainement parce que même si j’adore son travail, il faut laisser un peu la place aux autres =p

  • Point sur le Printemps de l’Imaginaire Francophone :

Premier livre chroniqué ! Avec Midnight City, j’ai rempli les deux défis facultatifs que voici :

  • Lire un livre autoédité ;
  • Lire un livre écrit par une autrice.

(bien que pour ces deux défis, je n’ai pas eu besoin de faire beaucoup d’efforts, je lis pas mal d’autrices et d’autoédité de base).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lectures d'avril

10/05/2020

%d blogueurs aiment cette page :