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La Passe-Miroir, tome 4 : La Tempête des échos – Christelle Dabos

La Passe-Miroir est un univers et une série de romans excellents qui font couler beaucoup d’encre.

Une communauté sans faille la soutien. J’en fais partie. Après en avoir entendu tant parler, je m’y suis plongée, il y a quelques années et en suis ressortie conquise. Il est temps à présent de refermer, avec un petit pincement au cœur, ce merveilleux univers.

Les effondrements se multiplient, de plus en plus impressionnants : Babel, le Pôle, Anima… aucune arche n’est épargnée. Pour éviter l’anéantissement total il faut trouver le responsable. Trouver l’Autre. Mais comment faire sans même savoir à quoi il ressemble ? Plus unis que jamais, Ophélie et Thorn s’engagent sur des chemins inconnus où les échos du passé et du présent les mèneront vers la clef de toutes les énigmes.

Autrice : Christelle Dabos

Genre : Fantasy

Date de publication : 28 Novembre 2019

Avant tout autre chose, je tiens à préciser que mon avis est subjectif et n’engage que moi. Ça me paraît évident mais le préciser ne fait pas de mal, surtout que mon avis risque d’en déplaire à beaucoup. En tout cas, je ne fais pas cette critique pour être malveillante, j’admire le travail de Christelle Dabos, son univers, son style, la magie qu’elle met dans ses livres. J’ai trouvé chaque tome de la Passe-Miroir tout à fait fascinant et je les ai lu d’une traite avec passion.

Et malgré tout ça, je dirais que je suis déçue. Insatisfaite et frustrée. Le livre en lui-même est excellent. Christelle Dabos s’est améliorée de tome en tome, c’est criant. Mais je n’ai pas réussi à accrocher. Le livre part dans tous les sens, accumule les informations toutes plus étranges les unes que les autres, rien n’est jamais ce que l’on croit, ça part dans des considérations philosophiques et métaphysiques à n’en plus finir… J’ai passé toute ma lecture dans un brouillard d’incompréhension, qui s’est aggravé avec la plongée dans l’Envers (ceux qui ont lu comprendront). Est-ce que je suis la seule à avoir été aussi larguée ? J’avais adoré les deux premiers tomes, de petites pépites de fantasy, mais les deux derniers m’ont laissée de marbre.

Le personnage d’Ophélie est particulièrement remis en cause. Elle a changé. En soi, ce n’est pas une mauvaise chose, mais elle n’a pas changé pour devenir meilleure, bien au contraire. À partir du moment où elle s’est découverte amoureuse de Thorn, elle a envoyé valser sa droiture, ses valeurs, sa douceur et sa sagacité… C’est devenue une fille froide et dure, qui n’hésite pas à utiliser les autres, les manipuler et ce sans le moindre remord… Tout ça par amour ? Je vais éviter d’employer des termes vulgaires, mais c’est le genre de développement qui me hérisse le poil, surtout pour une jeune femme qui n’avait aucun intérêt pour la romance à la base et qui a dû faire équipe bon gré mal gré avec l’époux qu’on lui a imposé (et qui ne voulait pas plus d’elle qu’elle ne voulait de lui)…

Autant le dire tout de suite : je n’apprécie pas le couple Ophélie-Thorn. Ils sont géniaux en duo, deux personnages que tout opposé et qui doivent tout de même unir leurs forces complémentaires pour déjouer les complots qui se tissent autour d’eux. En tant que mari et femme… ils sont juste désespérément conventionnels, même si un petit dialogue ayant à peine la vocation d’influencer le spectateur aimerait bien nous faire croire le contraire. Ce qui se dessinait de leur couple dans le tome 3 ne me plaisait pas du tout et c’est pire dans le 4. Je n’apprécie pas trop la romance et si les sentiments d’Ophélie et Thorn étaient restés un peu en retraits, plus une motivation à s’en sortir pour être heureux ensemble que leur nouvelle raison de vivre, ça m’aurait davantage plu. Après, ça plaît ou ça ne plaît pas. Là, c’est clairement ma propre opinion qui parle.

L’obsession d’Ophélie pour Thorn est agaçante. Il n’y a plus que lui qui compte pour elle. Ça et la découverte de sa stérilité. Jusque-là, elle ne s’était jamais posé la question, n’avait même pas l’air d’en vouloir (d’enfants) et tout à coup, ce problème devient le centre de son univers ? Ce focus est impressionnant et je l’ai trouvé dérangeant. Ce n’est pas ce que j’attends, ni que je veux retrouver dans un roman de fantasy. D’ailleurs, il me semble que Christelle Dabos a souligné que sa série n’est pas une histoire d’amour à la base, donc pourquoi ce revirement maintenant ?

J’ai eu l’impression qu’Ophélie ne se définit plus que par deux choses : sa relation avec Thorn et sa stérilité. Je ne sais pas moi, une femme est plus qu’un utérus destiné à pondre des gosses, non ? Surtout qu’elle a un caractère bien à elle, un vécu, des valeurs… (ou du moins, elle en avait). Le tout a été balayé par cette seule mention à sa stérilité. C’est dommage. Pourquoi ne pas en avoir profité pour essayé, au maximum, de dédramatiser la situation, pour réconforter les femmes qui, justement, ne peuvent réellement pas donner d’enfants ? Leur faire comprendre que rien n’est définitif et que ça n’en fait pas des moins-que-femmes pour ça. J’aurais préféré un message d’espoir plutôt que cette plongée incessante dans le pessimisme.

Bref, refermons cette longue parenthèse de colère et de frustration. J’ai quand même encore pas mal de trucs à dire.

Avant de se lancer dans le scénario, on va rapidement parler des personnages. Ophélie est, comme toujours, le centre de tout, il n’y a aucune surprise, c’est normal, elle est l’héroïne. Il n’y en a véritablement que pour elle, et même si elle n’a d’autre obsession que Thorn, celui-ci est, comme toujours, quasi-absent. Honnêtement, je me demande bien à quoi il sert, en fait. Elle passe son temps à lui courir après alors qu’il est occupé à faire des trucs dans son coin. Et j’insiste, ça ne sert à rien vu que c’est Ophélie la clé de tout.

Le reste des personnages, n’en parlons pas. Il n’y en a pas de réellement nouveau, et ceux qui le sont ne sont définis que par une fonction et une unique caractère (la femme au scarabée ou l’homme au lézard. Ceux-là n’auront même jamais de nom !). Les anciens sont quasiment absents et comme Thorn, ne jouent littéralement aucun rôle, ne servent à rien, aucune de leurs actions n’a réellement d’impact sur ce que fabrique Ophélie. Celle-ci vit sa quête toute seule et trouve les réponses, et la solution finale, toute seule. Par un miracle que je ne saurais expliquer, tout le fatras dont j’ai déjà parlé en début de critique a clairement dû obscurcir les indices qu’on m’a mis sous le nez.

Mais c’est quand même Ophélie qui résout tout, toute seule et franchement, les quelques rares interventions extérieures (celle de sa famille avec ses jets de livre à la toute fin, par exemple) n’ont aucune conséquence sur la résolution. Même la « quête secondaire d’Archibal & co n’apporte finalement rien…

J’ai été dépitée et agacée de voir ce qui arrive au personnage de Janus. Si on doit citer un seul personnage sous-exploité dans toute l’histoire de la fantasy, il serait en bonne place. On parle de lui depuis au moins deux tomes, il est considéré comme d’une puissance phénoménale, ses pouvoirs le rendent littéralement divin et s’il apparaît dans un dixième du livre, c’est le bout du monde. On apprend que, contrairement aux autres esprits de famille, lui a conservé toute sa mémoire, mais cet aspect essentiel à tout ceux qui ont suivi la quête désespérée de Farouk pour retrouver la sienne est balayé en un instant. Il a eu une mort pitoyable : coupé en deux, comme ça, lol, même pas eu le temps de s’exprimer, le pauvre type. J’ai trouvé ça désolant.

Et les autres ? Bah, comme je l’ai dit, ils sont là. Y a beaucoup de morts, la plupart à la fin, mais leur mort est tellement expédiée et les événements s’enchaînent si vite, de manière si incompréhensible, qu’on a même pas le temps d’être triste. L’un est juste effacé sans un mot, deux autres chutent d’une hauteur vertigineuse, bim bam, c’est plié. Autant, j’ai rien contre les morts, mais les trois que je cite, là, c’est des personnages vachement importants et j’aurais aimé me sentir plus impliquée émotionnellement. Ophélie est choquée et dégoûtée pour le premier mais ça passe vite, et elle réagit à peine pour les deux autres. Cette fille n’a plus de cœur, décidément, ou du moins, son cœur ne se soucie plus que d’une seule personne, à savoir Thorn. C’est pour lui, encore une fois, et uniquement lui, qu’elle se fait du souci et est prête à tout sacrifier, tout piétiner.

Rah, ce que ça m’agace !

Il y a aussi Victoire. Se faire teaser depuis deux volumes dans ses voyages dans l’Envers (si j’ai bien compris), suivre ses réflexions de fillette de trois ans décousues, le fait qu’elle soit la fille de Farouk, que le multi-faces puisse la voir… honnêtement, je m’attendais au moins à quelque chose avec elle, même je ne savais pas quoi. Et en fait, non, ses propres parties dans l’histoire n’ont finalement eu aucun impact, à part peut-être un peu sur la psychologie de Thorn. Ce qui finalement ne sert à rien parce que Thorn disparaît juste après et qu’on aura du coup aucun visu de ce qu’il devient après avoir sauvé la petite. Petite qui d’ailleurs, soudainement, devient une gamine tout à fait normale, vivante et enjouée parce que voilà. Cherche pas, c’est magique ? Je ne suis pas adepte de donner absolument toutes les réponses à la fin d’un livre, j’aime bien que quelques chemins soient laissés à la libre interprétation des lecteurs, mais là, c’est un trop gros truc pour le laisser en plan comme ça. Pourquoi tout ceci pour ne rien en faire, donc, je l’ignore.

Pour conclure, la fin m’a horriblement frustrée et laissée sur ma faim. Autant je me fiche de l’histoire d’Ophélie et Thorn, qu’ils soient séparés m’est égal et Ophélie peut bien faire tout ce qu’elle veut pour le retrouver, grand bien lui fasse. Leur couple ne m’intéressera probablement jamais et ils ont eu deux tomes pour que je puisse en être certaine.

Ce qui me frustre, en revanche, c’est tout ce qui reste en suspends. Vingt-et-une arches, autant d’esprits de famille, de pouvoirs, de paysages, de personnalités, de cultures, le tout absolument pas exploité, ça me navre. Christelle Dabos dit que l’histoire d’Ophélie est terminée, que le tome 4 était le dernier, soit. Tant mieux ! Mais ce serait tellement génial qu’elle écrive d’autres bouquins sur son univers, qu’elle le déploie comme il le mérite, qu’elle nous fasse découvrir toutes ses arches, toute l’étendue de son imagination… parce que s’il y a bien une chose dont je ne doute pas, c’est de ça. Elle a l’imagination, elle a le talent et un univers complet qui n’attend qu’une chose, c’est que tout ça s’exprime pour se déployer dans toute sa grandeur.

Je ne sais pas si Christelle Dabos a l’intention de continuer à écrire sur l’univers des Arches. Je sais qu’elle ne lira sûrement jamais cette chronique. Je m’excuse auprès d’elle pour tout ce que j’ai pu dire de mal parce que malgré tout, j’ai adoré ses bouquins. Et j’en redemande d’autres ! Elle a un style passionnant, tellement de choses à dire, une magnifique imagination et un univers qui, je le répète, ne demande qu’à s’exprimer. J’adorerai des séries alternatives à la Passe-Miroir.

Qui sait ? On le découvrira peut-être un jour =D

  • Point sur le ColdWinterChallenge

Avec ce tome 4 de la Passe-Miroir, je termine le premier bouquin du challenge, dans la catégorie « Flocons magiques » !

Je coche également une bonne résolution : celle de terminer une saga en cours. La Passe-Miroir s’achevant avec ce dernier tome, j’ai donc fini la série.

J’ai également, bien malgré moi, réussi une autre bonne résolution, qui était de couper les réseaux sociaux toute une soirée. En fait, je n’ai pas vraiment fait exprès, ma box m’a lâchée le 7 décembre au soir, vers 20h. Je ne l’ai pas récupérée avant le lendemain matin. Du coup, j’en ai profité pour écrire des articles pour le blog, lire et avancer un peu dans mon roman (Artémisia). Je ne sais pas si le fait que la coupure n’ait pas été volontaire comme comme gagné… on va dire que oui. Après tout, c’est le résultat qui compte, non ? xD

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09/01/2020

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