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Ryvenn, tome 1 : La Dernière Empathe – Jupiter Phaeton

Bonjour et bienvenue à tous dans cette chronique. Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur le premier tome de « Ryvenn », une série de l’autrice Jupiter Phaeton. Autoéditée, cette jeune femme bourrée de talents nous entraîne dans un univers dystopique où une bande d’adolescents dotés de pouvoirs paranormaux vont devoir se retrousser les manches pour protéger leur quotidien !

« A New York, une ville démolie par les guerres des magiciens, Ryvenn, seize ans, apprend à maîtriser son pouvoir. C’est une empathe : elle est capable de ressentir les émotions des personnes autour d’elle. C’est bien moins impressionnant que télépathe ou télékinésiste, mais ça n’empêche pas le gouvernement de s’arracher son don. Quand elle n’est pas à l’école ou avec sa famille, Ryvenn utilise son pouvoir lors des interrogatoires des prisonniers pour une agence du gouvernement, qui la paie grassement en retour. Jusque-là, tout se déroulait parfaitement, elle n’avait pas commis une seule erreur qui aurait pu la trahir. C’était sans compter sur Leo, un prisonnier pas comme les autres. Ryvenn plonge par accident dans ses souvenirs à l’aide de son deuxième pouvoir, celui qu’elle essaye tant bien que mal de cacher aux yeux du monde entier, et elle met le pied dans un engrenage qu’elle ne peut plus freiner qui implique l’une des familles les plus puissantes des cartels magiques ! Obligée de maîtriser son don en un temps record et de fréquenter l’élite des magiciens, Ryvenn doit faire face à un complot d’une ampleur qui la dépasse. Saura-t-elle s’en sortir indemne ? » (Résumé Amazon)

Autrice : Jupiter Phaeton

Genre : Urban Fantasy

Date de sortie: 08/2018

La Dernière Empathe est donc un roman de Jupiter Phaeton, une autrice auto-édité. Si je me méfiais des auto-édités, pour avoir eu 2-3 expériences malheureuses avec eux, je suis ravie d’avoir lu ce roman. C’est une très bonne surprise !

Donc oui, j’apprécie Ryvenn. Premièrement, pour le style de l’autrice. Elle a une plume dynamique, sans lourdeurs ou détails superflus, qui se lit très facilement, j’ai été happée très vite. L’intrigue est un peu classique, mais efficace.

Le personnage de Ryvenn, l’héroïne, est ce qui me faisait le plus peur. Une fille forte, grande gueule et tout le tralala, ça tourne vite fait à la petite connasse insupportable qui confond franchise et impolitesse, esprit libre et égocentrisme, courage et bêtise.

Bref. Ça n’a pas été le cas pour Ryvenn. Je l’ai trouvée attachante. Se relation avec sa mère et sa fratrie prend une place importante et appréciable dans le récit. C’est agréable de voir une héroïne avec une famille, qui est importante pour elle et qu’elle aime. Mieux encore, cette fameuse famille est importante au point qu’elle est un des principaux moteurs d’avancement pour Ryvenn.

J’ai quand même été un peu dérangée par le fait que la situation que Ryvenn craint tout le long du bouquin ne soit pas résolue à la fin. Au final, elle n’a pas pris de décision et tout reste en plan, effacé par la nouvelle intrigue dévoilée à la toute fin du livre. Je n’en dis pas plus, mais j’ai été un peu déçue de ça. Je pense que ça aurait été bien d’arranger l’intrigue sur le choix de Ryvenn avant de laisser ce nouveau plot, mais ça ne tient qu’à moi.

J’ai pas mal de choses à dire sur Ryvenn, parce que après tout, elle est l’héroïne de ce roman. Comme précisé plus haut, j’apprécie Ryvenn. Elle a juste assez de caractère tout en étant aimable et polie. Le respect, y a que ça de vrai ! Elle a son petit cercle de gens qu’elle aime, sa famille, des préjugés comme tout le monde, mais elle n’en devient pas odieuse pour ça. Elle réagit de manière mature et posée et franchement, ça soulage. Les caprices de gamines qui piquent des crises dès que le moindre truc ne va pas selon leur volonté, c’est aussi crispant que frustrant. Donc, Ryvenn est vraiment un bon personnage, et encore plus parce que les autres manquent pas mal de présence. C’est clairement Ryvenn qui prend toute la place et elle en laisse très peu aux autres. Pour elle, il n’y a aucun souci, toutes ses relations, surtout celles avec sa fratrie et sa mère sont bien mises en avant et je les trouve adorable. Mais le reste de ses relations pêche un peu par un manque de profondeur. Je ne parle même pas de sa relation avec Ari, ils sont ados tous les deux, c’est normal qu’ils aillent vite et que ça paraisse un peu « superficiel ». Mais Cassie, la meilleure amie de Ryvenn, prend vraiment trop peu de place à « l’écran » (si je puis dire) malgré l’importance de son rôle. Sans parler de Léo, qui est tout de même celui qui a déclenché toute l’intrigue du bouquin et qui, au final, est quasiment absent. Le doyen (un type très drôle qui me plaît bien) prend même plus de place que lui, c’est dire.

Je dirais que, peut-être, il y a eu trop de personnages ? Deux des frères de Ryvenn sont tout juste caractérisés par leur pouvoir, l’informaticien qui apparaît à la fin ne sert finalement pas à grand-chose, Stefano est volontairement mis à l’écart par Ryvenn donc son manque de présence n’est pas surprenant, et le reste des personnages n’est finalement caractérisé que par son « rôle » … Ah oui, un truc qui m’a dérangé, c’est à propos des parents d’Ari et Léo. Tout le long du livre, on ne les connaît que par ce rôle, ils ne sont pas présentés lors de leur première apparition. Alors, quand leurs noms surgissent de nulle part au moment du dénouement, je me suis demandé de qui ils parlaient. Ça aurait peut-être été sympa d’évoquer ces noms dès qu’on les voit apparaître, au moment du bal, ou juste faire dire les prénoms par les fils.

Niveau intrigue, c’est peut-être là où le bât blesse un peu. Personnellement, j’ai apprécié, mais c’est très, très classique. Heureusement, la plume très dynamique rattrape ce fait. En tout cas, c’est le genre de livres qui plaira sûrement aux amateurs de dystopie/post-apo, ceux qui aiment l’action et la magie.

Malgré tout, j’ai particulièrement apprécié que l’autrice dise ce qu’il faut quand il le faut, elle ne fait pas de suspense inutile et stupide à tout bout de champ. On a les infos sur l’univers et les événements quand il le faut, ce qui évite les frustrations.

Je ne veux pas trop spoiler pour les gens qui n’ont pas lu, mais je trouve que le cerveau démoniaque derrière toute cette affaire n’est pas assez mis en avant. C’est un personnage dont on entend parler parfois, on sait qu’il fait des trucs louches, mais il est si peu présent dans le livre en lui-même que ça m’a un peu laissée sur ma faim. On a vraiment peu de détail sur son caractère, ses ambitions, pourquoi c’était lui et pas un autre, ou quoi que ce soit. Ce n’est même pas un personnage qui rôde en marge des événements sous une fausse identité et dont on ressent le menace latente entre les lignes. J’ai trouvé ça un peu dommage mais c’est juste mon avis.

La fin en elle-même ne m’a pas spécialement surprise, mis à part un détail, à propos du président, auquel je m’attendais pas du tout. Limite, je trouve que ça tombe vraiment un peu de nulle part et j’ai un peu l’impression que ça n’a été fait que pour servir les prochains tomes, si j’en crois la fin du livre.

Pour terminer, je tiens à souligner que la présentation du livre est impeccable. C’est clair, propre, je n’aurais pas fait la différence avec un livre édité en maison d’édition classique. Je n’ai pas remarqué de fautes, non plus. C’est un gros, gros bonus, et ça montre l’implication de l’autrice. « La Dernière Empathe » est un bon livre, qui montre très bien que l’auto-édition évolue et propose des choix de plus en plus qualitatifs. Je recommande ce roman, et aussi l’autrice Jupiter Phaeton en même temps, car des talents comme ça ont besoin qu’on les encourage !

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15/10/2019

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