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Terre de brume de Cindy Wan Wilder

Terre de brume, de Cindy Wan Wilder, est un roman d’anticipation post-apocalyptique où les personnages évoluent dans un monde recouvert par une brume toxique d’où jaillissent des monstres dignes de la mythologie. Embarquons dans ce nouvel univers à bord d’une barque de Passeurs… Vous comprendrez bien assez tôt =D

Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d’une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire des Prêtres de l’eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. Au cours d’une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d’un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s’est levée… et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s’allient afin d’empêcher leur monde de sombrer dans l’oubli. (@Babelio)

Autrice : Cindy Van Wilder

Genre : Fantasy

Date de publication : Septembre 2018

Éditeur : Rageot Éditeurs

Ce livre m’a fait passer par diverses émotions tout au long de la lecture. Au début intriguée par le prologue très mystérieux, j’ai poursuivi ma lecture avec enthousiasme avant d’être refroidie par la longueur et la platitude des premiers chapitres. Outch ! J’ai tenu bon et heureusement d’ailleurs, parce qu’à partir du moment où les deux héroïnes se rencontrent, tout s’accélère et devient autrement plus intéressant !

J’ai été enthousiasmée par l’univers mis en place. Il y a quelque chose de très classique avec les magies des quatre éléments, mais l’originalité tient dans la façon dont les élémentaires se servent de leurs pouvoirs, chacun a sa propre méthode, ses propres outils.

Mais ce que j’ai préféré est le monde recouvert de cette brume toxique, si épaisse et haute que la surface terrestre a été totalement engloutie. Les survivants se sont rassemblés au sommet de quelques montagnes et mènent une existence pénible, dans un univers où la plupart des ressources, basiques pour nous, ont disparu : eau, terres cultivables, ou juste de la place. Pour circuler, il faut utiliser des « Passeurs » (j’avais dit que j’y reviendrais) qui sont, pour la plupart, d’anciens pêcheurs ou des gens possédant un bateau. La brume laisse les gens naviguer sur elle, ce qui ajoute un côté surnaturel et mystique à ce phénomène qui m’a beaucoup plu.

Chaque début de chapitre se voit aussi doté d’une citation, celle d’un livre imaginaire directement tiré de l’univers et c’est quelque chose que j’apprécie énormément. Ça permet d’explorer d’autres points de vue, souvent de personnages qui n’ont rien à voir avec l’histoire et y apportent une véritable richesse. D’autres auteurs que j’apprécie utilisent ce procédé et c’est sympa de le retrouver ici.

Maintenant, parlons des héroïnes. Elles sont deux, Héra, une magicienne de l’eau dont l’origine est entourée de mystère (de brume, si j’ose dire xD) et Intissar, une utilisatrice de la magie du feu. Chacune vit dans un temple différent, qui ont des fonctionnements propres à chacun, ce qui leur donne un caractère marqué presque en opposition l’une à l’autre.

Les magiciens du temple de l’eau ont beaucoup de règles, une vie très codifiée, ils sont plus riches aussi de toute évidence, et leur fonctionnement ressemble à celui d’un gouvernement très strict, qui ne laisse pas la place au hasard. Ceux qui possèdent le don de la magie sont couvés, protégés et malgré les privations, ils n’ont de toute évidence pas à se plaindre.

De son côté, Intissar vit dans une communauté qui, tout en ayant ses propres règles tout aussi strictes, est plus chaleureuse et tournée vers l’humain. La distinction entre les magiciens et les autres est moins marquée et l’entraide semble une notion essentielle pour eux.

Par conséquent, une telle différence d’éducation implique deux personnalités marquées et différentes. J’ai préféré Intissar. Elle me semble plus douce, plus généreuse, là où Héra est assez dure et froide. D’un autre côté, Héra subit d’énormes pertes au cours du roman et il est difficile d’avoir une réelle idée de son caractère, car il est marqué par le deuil. Ce que je retiens, c’est qu’elle est très courageuse et qu’elle fait de son mieux pour ne pas se laisser abattre. Elle a des pensées propres à ceux qui ont perdu des proches, mais en même temps, elle ne s’apitoie pas trop sur elle-même. Ce qui est une vraie bouffée d’air frais, car j’ai trop lu de ces livres où les personnages se mettaient à geindre sans fin quand il leur arrivait un malheur. Trop de drama tue le drama, et heureusement, ce n’est pas le cas ici.

Entre Insissar et Héra, il y a une connexion, elles le sentent toutes les deux. De quoi s’agit-il ? Même moi, je n’en sais rien, ce sera sûrement dévoilé dans le second tome de la série xD Malgré tout, en dehors de cette connexion, il est normal que deux jeunes filles qui ont sensiblement le même âge et restent emplies de bonté s’entendent assez facilement. À leur rencontre, les événements les poussent à collaborer et très rapidement, chacune se met à protéger l’autre, ce qui noue entre elles une amitié. Les pouvoirs d’Intissar et les contacts d’Héra leur permettent de mettre à jour le complot qui a autrefois causé le cataclysme qui a ravagé la Terre (la brume, si je ne suis pas claire). La fin du livre est satisfaisante : on sait pourquoi il y a eu cette catastrophe, qui en est le responsable, pourquoi il a agi et ce qui lui arrive. Le but est de maintenant trouver un moyen de, peut-être enrayer le phénomène, car il ne peut aller qu’en s’empirant. J’ai aimé l’équilibre entre réponses et mystères encore à venir, car le livre se termine sur un cliffhanger et je n’ai pas été frustrée.

Si j’ai un dernier point à souligner, c’est les multiples références à la mythologie grecque qui m’ont parlé, vu que j’adore ça =D Héraklia porte le féminin du plus connu des héros grecs, le méchant s’appelle Dédale, il y a d’autres prénoms à consonance grecque, le bateau d’Héra s’appelle l’Argo, également… Il y a aussi un petit air mythologique avec les monstres géants et terrifiants qui surgissent de la brume pour dévorer les gens. Des créatures uniquement guidées par l’instinct primaire, gigantesques et destructrices, impossible à raisonner, j’ai toujours trouvé que ça faisait des antagonistes parfaits. Ça m’a aussi rappelé Charybde et Scylla. C’est un peu ce qui arrive à nos héroïnes, d’ailleurs, elles tombent de danger mortel en danger mortel en n’en réchappant à chaque fois que de justesse.

Pour terminer, quelques petits trucs en vrac ? La couverture est magnifique, s’il y a des gens qui me lisent, ils doivent commencer à savoir que je choisis généralement mes lectures en fonction de la couverture. Le style de l’autrice est agréable, il est simple et direct, il se lit très vite, d’autant plus que le roman est court. Dit comme ça, ça paraît négatif, mais pas du tout.

C’est un roman que j’ai bien aimé, une bonne surprise que j’ai apprécié lire et dont j’ai vraiment hâte d’acquérir la suite. Il manque un peu d’action, mais c’est un roman qui saura plaire à son public, principalement aux amateurs de romans post-apocalyptique baignés de magie.

Sur ce, on se retrouve une prochaine fois pour la conclusion du Printemps de l’Imaginaire Franchophone qui touche à sa fin (déjà, quelle tristesse !). À bientôt, et lisez bien !

  • Point sur le Printemps de l’Imaginaire Francophone :

Je n’ai pas franchi de nouveau palier avec Terre de Brume vu que c’est le cinquième livre que je chronique, mais il m’a permis de remplir un autre objectif :

  •  Lire un auteur européen francophone qui n’est pas français. Cindy Van Wilder étant une autrice belge, voilà qui est fait !

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